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Comment Sortir de son Coeur de Métier ?

D’un modèle d’innovation fermé à un modèle d’innovation ouvert répondant aux tendances sociétales.

 

Témoignage de Richard PERES, Directeur Innovation du groupe TARKETT :

 

tarkett
 

“ TEMOIGNAGE

Il y a trois aspects qui à mon sens ont marqué les dernières années de Tarkett :

L’innovation ouverte (innover mieux), les solutions (le service pour le client), et l’engagement environnemental. Nous sommes même aujourd’hui dans un engagement sociétal, on s’intéresse et on essaye de répondre aux tendances sociétales.

Tarkett a changé son modèle d’innovation il y a 5 ans. Nous sommes passé d’un système d’innovation fermé avec une entreprise qui produisait du revêtement de sol, avait ses experts en interne, 2 brevets de départ et peu de collaborations avec le monde extérieur, à un modèle d’innovation ouvert.

Le modèle initial fonctionnait avec un taux de rentabilité d’au moins 10% cependant c’est au moment où Tarkett a été vendu à 50% à un fond d’investissement Américain que le nouveau CEO a donné une impulsion très forte sur l’innovation. Je dirais que nous avons doublé nos moyens de recherche R&D. Au moment de la crise en 2008, alors que nos concurrents baissaient leurs moyens de recherche, nous avons pris le parti de booster la R&D car c’est justement en période de difficulté qu’on peut faire la plus grande différence.

  • Aujourd’hui nous sommes dans un modèle d’innovation ouverte. C’est-à-dire que nous sommes à la recherche des partenaires les plus efficaces.

A ce titre nous avons développé une stratégie d’innovation et avons créé un poste de Directeur de Technology Scouting, afin de pouvoir chercher les capacités en externe si nous ne les avons pas en interne.

Dans ce changement de modèle on est passé d’un modèle ou Tarkett était un fabricant et un vendeur de revêtement de sol au kilomètre, a un Tarkett qui propose à ses clients des solutions, des services. On est plus dans la matière mais on est dans le service auprès du client.

Pour vous donner un exemple je prendrais la dernière innovation que nous avons lancé : le sol qui détecte les chutes.

C’est un exemple parfait de solution globale que nous proposons à nos clients.

On ne produit pas que le revêtement de sol, on fournit le capteur (technologie que nous sommes allée chercher à l’extérieur et dont on a l’exclusivité de la Technologie au niveau mondial), on fournit au client l’installation, l’électronique, l’informatique, l’interface utilisateur et le service après vente.

Nous sortons complètement de notre cœur de métier et c’est pour cela que nous avons eu besoin d’acquérir des connaissances que nous n’avions pas avant, au travers de partenariats extérieurs et d’ embauches de nouvelles compétences.

C’est une caractéristique de Tarkett, on est parti sur la solution pour le client.

  • L’environnement est également un des piliers dans nos stratégies de l’innovation.

Avec il n’y pas encore très longtemps 50% de notre R&D dévouée à l’environnement, Tarkett a pris un véritable engagement.

Nous avons un partenariat avec « EPEA » (garant du modèle « cradle to cradle ») et avons été la première société au monde à avoir une certification sur le Linoléum. Cela implique une refonte de toute matière première. Nous utilisons que des matières premières ‘green’. Nous enlevons toutes les matières qui peuvent présenter un risque. Nous anticipons sur des matières ou l’on suspecte quelque chose ou sur lesquelles il pourrait y avoir des interdictions. Nous avons donc des matières premières qui sont de plus en plus sans risques pour l’usage de l’utilisateur final et également pour les travailleurs de Tarkett.

Le deuxième aspect de notre engagement environnemental est ce que l’on appelle les boucles. Les boucles biologiques ou techniques. Biologiques c’est-à-dire qu’en fin d’usage du consommateur le produit repart dans la nature. Dans un cercle technique le produit repart dans un processus de recyclage pour des applications à l’infini. Le recyclé n’est plus un déchet, il est une nourriture pour le nouveau revêtement de sol.

Tarkett s’est diversifié au niveau de ses métiers, comment est-ce que vous vous organisez au niveau de vos recherches de partenaires ?

A la base on a un besoin – ensuite on a une stratégie d’innovation, puis on fait une analyse de gap en interne. Soit on a la technologie en interne et dans ce cas-là tout va bien on l’implémente soit on l’a pas et il faut aller la chercher à l’extérieur.

Pour la trouver à l’extérieur on lance le processus de scouting et de recherche du bon savoir. C’est-à-dire d’une part on fait ce que l’on appelle des universités mapping ou experts center mapping, c’est-à-dire que l’on recherche à travers le monde les meilleurs experts du domaine. Ça on le fait à travers Expernova. On peut également le faire avec des tech solver, c’est-à-dire qu’on va travailler avec un partenaire extérieur sur le développement d’une université mapping afin de rassembler les grands centres d’expertises et les meilleurs professeurs.

On c’est aperçu que souvent le cœur du centre d’expertise est une personne.

Pour la partie savoir on évalue au travers d’un certain nombre de critères d’évaluation ces centres d’expertise puis on fait une short-list. Ensuite on les contacte et on va jusqu’au partenariat.

L’objectif est ensuite de monter un vrai partenariat de « gagnant /gagnant » afin d’acquérir le savoir dont on a besoin.

Pour la technologie, c’est la même chose, à travers l’analyse de brevet, à travers l’analyse de la littérature et de ce qui se passe sur le web,  on identifie les technologies, les propriétaires de technologie(s). On rentre ensuite dans un processus d’évaluation des partenaires potentiels, de leur technologie(s) et des partenaires eux même. Le  partenaire est aussi important que la technologie.

Il est important de développer avec le partenaire une vision commune. Si on n’y arrive pas ça ne marchera jamais.

Une fois ces critères techniques et humains définis grâce au Scouting (recherche et évaluation) nous passons au montage du modèle avec le partenaire. Il existe là aussi différents scénarios : il est possible d’acheter les brevets, d’acheter les sociétés, de faire un transfert de connaissances, de faire une joint-venture, d’ouvrir le capital…Donc on challenge les différents scénarios pour arriver au meilleur scénario de partenariat. Une fois que l’on a choisi notre scénario, on lance le partenariat ! »

 

 

Source :

Témoignage extrait du Livre Blanc : « The Best Practices for Leading an Open Organization » => Accéder au Livre

 

 

 

 

 

 

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