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« Commercialisation de la Recherche », une Tendance qui prend de la Vitesse.

1- « La commercialisation de la recherche » en quelques mots :

C’est la traduction commerciale de la recherche. En d’autres termes, le fait de transformer une découverte scientifique en un produit commercialisable.

 

Ce phénomène a toujours existé et prend aujourd’hui de plus en plus d’ampleur. Encouragées financièrement par les gouvernements qui doivent répondre à des priorités économiques et sociales, et, démarchées par les entreprises qui pour rester compétitives sont contraintes d’accélérer leurs rythmes d’innovation, les institutions académiques adoptent de nouveaux réflexes entrepreneuriaux .

 

Certaines d’entre elles y voient un formidable moyen de créer et de disséminer la connaissance :

 

« Nous existons grâce à l’argent des contribuables. Nous avons l’obligation d’essayer de valoriser nos recherches dans la société ”

Regis Kelly, Director of the California Institute for Quantitative Biosciences (QB3)

2-Comment cela se traduit-il ?

On voit apparaître la création de nouvelles règles, procédures mais également des nouvelles structures spécialisées au sein des universités ; «Technology Transfer Offices» (TTOs) ; dont l’objectif est de transférer les connaissances (expertises et technologies) dans un domaine industriel. (ex : ISIS Innovation ; Texas Tech University Office of Research Commercialization…)

 

On parle aujourd’hui « d’entreprenariat académique » :

 

« Les universités veulent aujourd’hui savoir comment breveter, comment créer des start-ups et comment développer leurs connections (réseaux) avec les entreprises »

Montserrat Capdevila, Director of Sales, Marketing and International Relations, John Hopkins Office of Technology Transfert

 

    • - Il n’est plus rare de voir des universités créer et entretenir des entreprises issues de leurs propres labos de recherches. Les start-ups (« spin off companies ») provenant d’institutions académiques s’inscrivent progressivement dans le paysage économique ($8.5 Milliards en création de valeur « Global univ-Venturing » en 2014).

 

  • - Les licences et  brevets sont également d’autres moyens de valoriser la recherche et créer des sources de revenus.

 

Même si cette nouvelle tendance semble être très attirante en termes de rémunération (ex : Isis Innovation enregistre un revenu de £24.6 millions en 2015 et reverse £13.6 millions à son créateur « Oxford University ») les revenus provenant des licences arrivent tardivement après les investissements initiaux et, ne représentent qu’une petite partie des budgets destinés à la R&D. (ex : Harvard University of Cambridge a dégagé un revenu de $16.1 millions en 2015 grâce aux licences ; budget global: $4.5 Milliards ; budget consacré aux dépenses en R&D $876 millions).

3- Des engagements académiques qui vont au-delà de l’aspect commercial : une vision sur le long terme

« L’université est très claire, elle veut créer un impact. Elle n’existe pas pour faire de l’argent rapidement »

Linda Naylor, Managing Director of Isis innovation (University of Oxford)

 

Associer la notion de « recherche » à celle de « commercialisation » (souvent caractérisée par l’image de « Fast and Successful »)  soulève quelques interrogations dans le domaine scientifique. En effet,  la pression de devoir commercialiser pourrait, sur le long terme, endommager l’intégrité et la qualité de la recherche académique: lancements de produits prématurés ; perte de confiance dans la recherche académique ; baisse de production pour les chercheurs les plus impliqués dans des activités de commercialisation, augmentation du degré de confidentialité des connaissances….

 

Considérer la recherche avec des buts commerciaux est une vision intéressante pour créer de la « valeur » mais elle ne serait qu’une vision à court terme. Les engagements académiques sont beaucoup plus larges et nécessitent du temps. « La recherche poursuit une variété d’objectifs, comme la compréhension de l’univers… »

 

 

Sources:
The commercialization of university-based research: Balancing risks and benefits Timothy Caulfield1 and Ubaka Ogbogu2, BMC Medical Ethics2015

Outlook nature : research commercialization, 5 May 2016, NO.7601

Academic engagement and commercialisation: A review of the literature on university – industry relations; Volume 42, Issue 2, march 2013, Pages 423-442

Commercialization: No Longer a Dirty Word, By Melissa Hendricks, Johns Hopkin Medicine

 

 

 

 

 

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