Les biocarburants : « énergies nouvelles »

Des moteurs fonctionnant autrement qu’avec de l’essence et du gazole ? Cela avait déjà été envisagé par Rudolf Diesel qui utilisait de l’huile d’arachide pour le moteur qu’il a créé. Les biocarburants avaient même été employés pendant les deux guerres mondiales pour pallier à la pénurie d’essence et de gazole. Alors pourquoi ce nouvel engouement ?

Les biocarburants, la solution aux grands problèmes du siècle ?

Les biocarburants généralement classés en 3 générations en fonction du type de biomasse utilisé, font partie des énergies renouvelables et ont suscité un regain d’intérêt pour diverses raisons. D’abord, il a été constaté que le transport est le plus gros consommateur en énergie. Ensuite, avec le réchauffement climatique, la réduction des émissions de GES est devenue une priorité. Enfin, les hausses du baril de pétrole ont donné l’envie de ne plus dépendre de cette source d’énergie fossile. On espérait aussi l’ouverture de nouveaux débouchés pour l’agriculture en développant les biocarburants. La course à la production a été ainsi lancée lorsque les pouvoirs publics français, ont suggéré en 2005, que le taux d’incorporation des biocarburants devrait être de 10% en 2015. A l’heure actuelle, ce sont les biocarburants de la 1ère génération qui existent à l’état industriel. Ceux-ci sont produits à partir des betteraves, de la canne à sucre, des céréales, pour la production de l’éthanol, et du colza, de l’huile de palme, du tournesol pour obtenir le biodiesel. Mais, l’enthousiasme a été vite freiné pour diverses raisons.

Les biocarburants, un défi passionnant

Les productions actuelles ne pourraient pas couvrir la demande énergétique croissante à moins d’une culture intensive des intrants agricoles. Certaines analyses ont avancé que, pour pouvoir cultiver l’huile de colza nécessaire à la production de biodiesel en Angleterre, il serait nécessaire de le planter sur presque toutes les surfaces arables du pays. Faudra-t-il alors sacrifier l’alimentation en faveur du transport, d’autant que la raréfaction des produits agricoles risque d’entraîner une flambée de leurs prix ? Il faudrait 3000 litres d’eau pour obtenir 1 litre de bioéthanol, or l’eau est aussi devenue une denrée précieuse. Une agriculture intensive suppose une mécanisation à outrance, donc une augmentation de la consommation en combustibles traditionnels, et l’on n’a encore pu évaluer avec précision l’effet des biocarburants sur la diminution de l’émission des GES. Mais, se passer des combustibles fossiles sans générer d’autres problèmes reste toujours un défi, et la recherche concentre ses efforts pour le développement des biocarburants classés dans la 2ème génération qui utilisent la lignocellulose de la biomasse (paille, bois, résidus agricoles, déchets,etc.).

Ceux-ci, suivant les directives de la Commission européenne, devraient être opérationnels en 2020. Les projets BioTfuel et Futurol menés par Total et ses partenaires semblent être sur la bonne voie, puisque l’objectif est de commercialiser le biogazole et le biokérosène en 2020.