Stephen-Shapiro

Open Innovation: Comment s’ouvrir à un plus large groupe de personnes et à de nouvelles idées ?

Interview réalisée avec Stephen Shapiro pour le Livre Blanc « Everything you need to know before launching an innovation project ».
 

Stephen Shapiro : Auteurs, Initiateur d’innovation, Consultant et Conférencier de marque (TEDx NASA speaker).

 

Stephen :

« Il est important de noter que l’Open Innovation ne signifie pas nécessairement s’ouvrir à des personnes à l’extérieur de son organisation.

Le concept de l’open innovation est simple : comment s’ouvrir à un plus large groupe de personnes ? En interne en s’ouvrant à d’autres départements mais également en externe en s’ouvrant à ses clients, fournisseurs, partenaires et même au monde.

 

Une progression en 5 niveaux d’ouverture

 

Prenons l’exemple d’une approche traditionnelle : une entreprise qui souhaite développer un produit.

 

  • - Niveau 1 : Un groupe d’experts travaille ensemble sur une problématique

Des experts d’un département, dans ce cas des développeurs produits, vont travailler ensemble afin de résoudre un problème donné. Les experts ont une profonde connaissance du contexte et une bonne compréhension du problème ce qui leur permet de le dénouer facilement. C’est le niveau le plus « simple » et c’est la raison pour laquelle de nombreuses entreprises utilisent généralement cette approche.

 

Limites de ce niveau : Ce niveau est limitant à cause du manque de diversité des personnes impliquées et de leur faible quantité. Un grand nombre d’entreprises réalisent qu’en se basant sur ce modèle elles se ferment à de potentielles contributions pouvant provenir d’autres départements.

 

  • - Niveau 2 : Les boites à idées

Collecter les idées des employés via « des boites à idées ». Le boites fonctionnent généralement bien au début et permettent collecter de nombreuses idées.

 

Limites de ce niveau : Il n’y a aucun moyen de partager ces idées. Après 6 à 9 mois la qualité et la quantité des idées chutent massivement. Les employés ont tendance à se lasser car un grand pourcentage des idées ne sont pas mises en application. Lorsqu’il s’agit de trier les mauvaises idées, la méthode peut également s’avérer être consommatrice d’énergie et de temps.

 

  • - Niveau 3 : Les Challenges

Au niveau 3 on dirige l’innovation autour de challenges et non plus autour d’idées. Au lieu de demander aux employés leurs opinions, suggestions ou idées, on souhaite obtenir des solutions à un problème précis. De mon point de vue, le succès d’un effort d’open innovation est basé sur le fait de formuler de meilleures questions plutôt que de chercher des solutions ou des idées.

Comme disait Albert Einstein «  Si j’avais 1h pour sauver le monde je passerais 55 minutes à définir le problème et 5 minutes à trouver des solutions »

Il est alors possible de poster des challenges sur un intranet ! Exemple : comment serait-possible d’améliorer la productivité d’un problème spécifique dans l’entreprise ?

La clé est de poster des challenges assez spécifiques pour ne pas que cela soit abstrait ou trop complexe et nécessite une expertise précise.

 

Limites de ce niveau : Il faut arriver à motiver les employés à participer à un effort lorsqu’ils ont déjà leur propre travail à réaliser. Il faut également que les employés aient un minimum de connaissances sur le contexte du challenge mais pas autant qu’un employé travaillant directement avec le problème. A cet effet il est conseillé de produire un document résumant les informations essentielles du challenge ainsi que des critères d’évaluations. A ce niveau l’entreprise limite toujours la diversité et le nombre de participants.

 

  • - Niveau 4 : Ouverture à de tierce personnes de confiances

Le niveau 4 est le niveau de l’ouverture de l’entreprise sur l’extérieur. On s’ouvre à des collaborateurs proches et de confiances : universités, fournisseurs, groupes de clients, consultants…

 

Limites de ce niveau : Si vous partagez des données sensibles avec ces partenaires extérieurs comment protégez-vous cette information ? Vous devrez aborder des questions de propriété intellectuelle. Il sera certainement aussi indispensable de fournir un complément d’information sur le contexte. Ce niveau est très utile pour la définition de challenges et pas seulement pour trouver des solutions.

 

  • - Niveau 5 : Ouverture sur le monde

C’est le niveau du « Crowd Sourcing », on demande à potentiellement 7 milliard de personnes de trouver des solutions.

 

Limites de ce niveau : Il est important de comprendre, qu’outre les questions de propriété intellectuelle, il faudra s’assurer que le problème que l’on essaye de résoudre ne nécessite pas beaucoup de connaissances sur le contexte. En effet, à ce niveau, on s’ouvre  à tout le monde et on ne souhaite pas communiquer des informations sensibles avec l’ensemble des participants. De plus, rare sont les personnes qui consacreront du temps à la connaissance du sujet en profondeur. Il est donc important de donner un cadre au problème. »

 

www.stephenshapiro.com

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